L’emploi en question
Le supplément « Economie » du journal « Le Monde » m’offre l’occasion de vous exposer un certain nombre d’éléments relatifs à la situation de l’emploi.
Comme indiqué dans l’article, cette année 2010 va connaître « Un million de chômeurs en fin de droit ». Un million de salariés, d’hommes et de femmes, qui vont être exclus des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Alors que notre pays continue de subir les effets de la crise économique, ce million de salariés va être relégué au statut de bénéficiaire de la solidarité nationale.
La restriction, continue de ces dernières années, des conditions d’accompagnement des salariés en recherche d’emploi posait déjà, avant la crise, un certain nombre de problématiques. Ainsi, ce sont des milliers de salariés qui ont été « sortis » des listes, permettant ainsi au gouvernement de minimiser les statistiques liées au chômage de masse qui s’installe et, de fait, éviter que l’impuissance et l’inefficacité des réformes engagées par la droite ne soient révélées au grand jour.
Quel mépris, quel affront pour ces centaines de milliers de salariés et leurs familles qui, victimes d’un contexte économique catastrophique, se voient relégués à un système d’assistanat que la droite a pourtant brocardé.
2 630 400 personnes inscrites au pôle emploi, un tel chiffre révèle déjà la situation dramatique de notre système économique et social. En tant qu’élue de banlieue, je constate au quotidien que ce sont les populations les plus précaires qui souffrent en premier de la dégradation du contexte économique.
Je forme le vœu que 2010 puisse permettre le retour sur le devant de la scène de la question sociale. Alors que le gouvernement fait diversion avec un pseudo-débat sur l’identité nationale, ne serait-il pas temps que le rapport entre capital et travail soit au cœur des discussions du Parlement ? Comment peut-on encore accepter le maintien du Bouclier fiscal quand 1 million de salariés vont être plongés dans la précarité et dont la dignité liée à leur travail va être supplantée par la gêne liée à leur statut de « bénéficiaire de l’aide sociale » ?
En ce qui me concerne, je refuse aujourd’hui cet état de fait. L’Etat n’assume pas ses responsabilités, je veux prendre les miennes en tant qu’élue locale responsable et engagée pour la justice sociale.
Si je refuse que les collectivités pallient le désengagement de l’Etat, il n’en est pas moins de la responsabilités des élus locaux d’œuvrer, à leur niveau, pour développer toutes les initiatives permettant à nos populations d’accéder à l’emploi.
Déjà, la majorité que j’ai le plaisir d’animer a mis en place un premier Forum de l’Emploi au mois de novembre dernier.
Nous avons décidé, ce lundi 18 janvier, de renforcer au premier trimestre les Permanences Emploi Insertion de Noisy-le-Sec.
Ces permanences de proximité ont lieu le lundi matin à l’espace de la Cohésion sociale du Londeau, et le jeudi matin au local de la Sablière dans le quartier des Cinéastes (au 140, rue de Paris). Elles apportent aux noiséens, informations, orientations mais aussi conseils sur les droits et dispositifs d’accès à l’emploi ou à une formation. Le chargé de mission de la ville, qui assure ces permanences, travaille en partenariat avec des associations et des institutions locales : Pôle emploi, Mission locale, Projet de ville RSA, CCAS, PLIE, Circonscription sociale par exemple.
Demain, ce sont 5 quartiers qui pourront également prétendre à cet accompagnement. En effet, les habitants des quartiers de la Boissière, du Centre ville et de la Renardière vont pouvoir bénéficier de ces permanences étendues à une journée par semaine. Des subventions ont été obtenues en 2009 et de nouvelles seront sollicitées en 2010.
Reste qu’au niveau national, il va nous falloir lutter pour que les plus hautes autorités de l’Etat répondent, enfin, à l’urgence sociale.
